Le printemps pour BMCRif

Publié le par Sian S. Waters

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Barbary Macaque Conservation in the Rif 

Blog - 18 avril 2010, Nord du Maroco

Siân S. Waters, Directrice du projet

 

Après un hiver très humide, le printemps est enfin arrive sur la forêt de chênes de Bou Hachem. Deux semaines plus tôt, les chênes africains commençaient à se couvrir de feuilles et les magots à se nourrir avec enthousiasme. C'est alors que nous découvrîmes des nouveau-nés dans deux des groupes que nous étudions, ce qui nous rendu vraiment heureux. Pendant les quelques jours qui suivent la naissance, la femelle est vraiment vulnérable parce qu'elle soutenir son petit d'une main et se déplacer en s'appuyant seulement sur l'autre main. C'est une période difficile pour les groupes de macaques puisqu'ils doivent, de plus, éviter les chiens et les bergers qui sont de retour eux aussi dans les montagnes.

 

Les forêts de Bou Hachem sont essentiellement composées de chênes de différentes espèces. Le chêne liège (Quercus suber) est principalement trouvé dans la partie basse de la forêt et il est toujours vert (il ne perd pas ses feuilles pendant l'hiver). Le chêne zéen ou des Canaries (Quercus canariensis) vit en moyenne altitude et a, à cette époque, des feuilles d'un vert très clair par rapport au chêne liège (qui, du coup, a l'air un peu fatigué). Aux plus hautes altitudes de notre aire de recherche vit le chêne tauzin (Quercus pyrenaica) dont les feuilles, à cette époque, commencent à peine à poindre. De plus, une multitude de fleurs de printemps font de cette époque la plus colorée de l'année.

 

Pendant la mauvaise saison, entre décembre et mars, beaucoup de routes de la région deviennent impraticables, ce qui gêne énormément notre travail. Il y a eu beaucoup de glissements de terrain, et bien des villages ont été privés d'électricité pendant des mois. Le bétail n'a pas été capable de gravir les montagnes pour trouver de quoi paître et il est donc resté autour des villages. Tout le monde est donc soulagé que le printemps soit enfin arrivé, et de pouvoir enfin passer du temps dehors.

 

Au cours de la période difficile, nous nous sommes arrange pour pouvoir observer trois de nos groupes d'études puisqu'ils passaient beaucoup de temps à se nourrir dans les endroits verts de la forêt (les "marjas" comme on les appelle dans le Rif). Il était plus aisé de les observer alors car ils sont désormais dans les arbres, et non plus au sol. C'est tout de même plus facile de les observer dans les branches nues ou au sol que maintenant  qu'il est difficile de les trouver parmi les feuilles nouvelles !

 

Nous avons observé plusieurs fois des chiens harceler ou même chasser des magots. Les chiens sont vraiment très communs dans les villages, et ils sont souvent en mauvaise condition physique. A l'automne prochain, un étudiant réalisera une étude des chiens des villages and de leurs déplacements dans un premier temps, pour savoir ce que font réellement ces chiens, mais aussi pour contrôler leur reproduction et leur santé. Parallèlement, les attaques de bétails par les chiens sont un autre problème fréquent et cela a des répercussions économiques pour les habitants des villages car ils n'ont pas de compensation financière pour réparer de tels événements. Ce programme de contrôle et de bien-être des chiens reçoit déjà le soutien des conseils locaux de la région puisqu'ils sont responsables de l'euthanasie des chiens qui s'en prennent au bétail, mais qu'ils n'ont pas le matériel ni la formation nécessaires pour réaliser cela dans des conditions sécurisées et humaines. Ils aimeraient que soit trouvée une solution durable et efficace à ce problème. Un tel programme aidera la conservation du magot, en réduisant la prédation par un carnivore domestique, soulagera également la pauvreté puisque les villageois perdront moins de bétail, et améliorera le bien-être des chiens.

 

Nous commençons également à lever des fonds pour un autre nouveau programme qui sera mis en place pour que BMCRif enseigne les gestes de premiers secours aux femmes des villages, situés autour de notre aire d'étude, ainsi qu'aux bergers, que nous rencontrons pendant nos phases d'observation sur le terrain. Les raisons de cette initiative sont nombreuses. Premièrement, les villages sont vraiment reculés, la plupart des habitant n'a pas de véhicule et il n'y a aucun personnel médical formé dans la région. Deuxièmement, nous ne voulons pas que les locaux se liguent contre notre projet, et donc contre les magots, parce qu'ils nous voient apporter une aide médicale aux chiens à laquelle ils n'ont pas eux-mêmes accès. Nous espérons pouvoir fournir à chaque participante un kit de première urgence qui sera réapprovisionné régulièrement, et qui portera le logo de BMCRif. Les bergers iront eux suivre un cours de premiers secours spécialement adapté aux personnes qui pratiquent la montagne parce qu'ils font face à des risques vraiment très diversifiés. De cette manière, siun accident se produit, ils seront capables d'agir rapidement afin d'éviter le sur-accident et des blessures supplémentaires, ou pire. Nous en sommes encore au tout début de l'organisation de ce programme mais si vous pensez que vous pouvez nous être d'une aide quelconque, merci de me contacter à l'adresse électronique ci-dessous.

 

Grâce à la Vallée des Singes, nous avons un tout nouvel appareil photo équipé d'un zoom. De cette manière, même si les magots sont loin de nous, nos images sont de bien meilleure qualité. Nous sommes très reconnaissants de ce soutien. Avoir de bonnes photos signifie que nous pourront bientôt mettre en ligne notre propre site web. Mais nous avons déjà créé un groupe sur Facebook qui s'appelle (sans surprise) Barbary Macaque Conservation in the Rif. Merci d'apporter votre soutien à notre travail en rejoignant ce groupe.

 

Si vous désirez recevoir une copie de notre newsletter (en anglais pour le moment) ou de plus amples informations sur BMCRif, faîtes-le moi savoir en m'écrivant : sian_s_waters[at]hotmail.com

Publié dans La Conservation

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