Les nouvelles de BMCRif - Avril 2011

Publié le par La Vallée des Singes

(Pour voir la Newsletter dans son intégralité : http://www.conservatoire-primates.com/system/files/conservatoire/BMCRif%20Newsletter_4-1_french.pdf )

Le premier tournoi de football pour BMCRif

L'automne 2010 a été très chargé pour l'équipe de BMCRif. Notre premier tournoi de foot a été organisé en octobre et ce fut un énorme succès. Quatre équipes ont participé et l'équipe de Moulay Abdsalom qui a remporté la victoire. Ils se sont vus remettre un trophée offert par l'Association de Football de Tetouan. Les t-shirts à l'effigie de BMCRif, édités pour l'occasion, ont eu tant de succès que nous furent à cours de tailles enfant et qu'il nous a fallu donner des t-shirts de taille adulte même aux plus petits pour qu'ils ne soient pas trop déçus. BMCRif a lancé sa campagne de sensibilisation à destination des enfants et des adultes le jour du tournoi de football. Chaque participant et chaque supporter s'est vu offrir un t-shirt BMCRif, un sac en tissu et un dépliant d'information. Ce dépliant s'adresse particulièrement aux habitants de la région de Bouhachem qui rencontrent quotidiennement les magots. Mais il s'est avéré plaire beaucoup aux citadins venus au tournoi ce jour-là. Le dépliant a été lu dans toutes les mosquées de village de Bouhachem, et certaines personnes ont changé leur comportement suite à cette lecture. Cette campagne a été soutenue par le zoo de Barcelone et ce soutien se poursuit en 2011 avec l'arrivée de Sonia Moles, Responsable de la pédagogie et de la sensibilisation.

Programme de Santé Canine de Bouhachem – Tamlin Watson

Le programme a été un succès complet avec 100% des propriétaires de chiens ayant accepté de vacciner leurs chiens dans les trois villages de Bouhachem : Lahcen, Talyamen et Tayenza. Les deux premiers villages sont typiques de la région de Bouhachem, constitués d'à peu près 40 maisons où la majorité des villageois possèdent des chiens pour la garde des troupeaux. Tayenza est un groupe de petits hameaux dispersés sur une vaste zone et c'est la partie du territoire la plus difficile à couvrir puisqu'il faut rien qu'une journée pourvacciner tous les chiens d'une petite partie de cette zone. Bien que nous ayons eu le soutien des habitants locaux, les chiens n'ont pas pu tous être vaccinés. Beaucoup de chiens n'ont soit jamais été manipulés soit avaient connu par le passé de mauvaises expériences et étaient trop effrayés par leur propriétaire pour être attrapés ou bien, une fois attrapés, étaient trop effrayés pour être tenus suffisamment longtemps pour pouvoir être vaccinés. Les animaux qui étaient trop malades, trop jeunes, trop vieux ou les femelles gestantes n'ont pas pu non plus être vaccinés. Tous les autres animaux ayant raté la vaccination étaient déjà partis en forêt pour surveiller les troupeaux avec les bergers. Tous les chiens vaccinés ont été marqués avec un spray, et nous avons demandé à leur propriétaire de leur attacher un collier (de couleurs différentes en fonction du village d'origine). Bien qu'il était impossible de vaccine tous les chiens, tous ont tout de même pu être traités contre les parasites, en leur donnant une boulette de pomme de terre contenant un vermifuge. Nous avons élaboré du matériel pédagogique qui est distribué à chaque personne rencontrée ainsi qu'aux écoles locales et aux mosquées. Le dépliant décrit comment réagir en cas de morsure avec le matériel disponible pour les habitants de ces régions isolées. Il donne également une brève description de ce qu'est la rage et du programme mis en place par BMCRif. Malheureusement, à peine une semaine avant la mise en place du programme d'immunisation, une personne succomba à la rage dans un des villages cibles du programme. Cela met en exergue l'importance qu'il y a à continuer la vaccination antirabique et à étendre le programme aux villages voisins. De cette manière, les populations humaines et les populations de magots pourront être protégées contre ce terrible virus. BMCRif est heureux de coopérer avec les Autorités Vétérinaires Marocaines qui ont fourni les vaccins antirabiques et nous en profitons ici pour remercier le Docteur Rachid Belyasmine et le Docteur El Aoini ben Aissa pour leur précieuse aide. Sonia Moles Poveda, Volontaire pour BMCRif, a fait preuve également de sérieuses compétences d'assistante vétérinaire. Nous sommes enfin très reconnaissants envers le "Lush Charity Pot" (Royaume Uni) pour son généreux soutien au programme.

Pourquoi travailler avec les chiens et le football ?

Pourquoi sommes-nous concernés par les chiens et le football alors que nous travaillons dans la Conservation ? BMCRif est un projet de conservation holistique qui identifie et essaie de traiter aussi les causes des problèmes, et pas seulement les symptômes. Nous pensons que cette approche mettra plus de temps à donner des résultats mais que ces résultats dureront plus longtemps et offriront des bénéfices aux habitants de la région ainsi qu'à la biodiversité ambiante. Au cours de notre travail, nous avons découvert que les chiens étaient les principaux prédateurs des magots. Nous avons aussi découvert que les chiens formaient, près des villages, des meutes qui partaient chasser en forêt. Tout le monde pensait que ces chiens constituaient une population férale, mais, en fait, ils avaient bien des propriétaires. Les chiens ne sont pas bien nourris et constituent donc des meutes qui chassent pour se nourrir. Malheureusement, en plus de tuer des magots, ils s'attaquent aussi parfois à des vaches dans les pâturages de montagne. Le programme de santé canine a été lancé pour essayer de persuader les gens qui vivent là-bas de revoir leur façon de traiter leurs chiens et ainsi améliorer le bien-être de ces chiens. C'est ainsi que nous nous sommes aperçu que la rage était un très gros problème dans cette région, et donc qu'un programme de vaccination antirabique profiterait à la fois aux chiens et aux habitants. Le Football est utilisé par beaucoup de projets de conservation afin de faire passer leur message de conservation d'une manière agréable et amusante. Les garçons qui ont participé au tournoi portent fièrement à l'école le t-shirt qui leur a été offert et s'arrêtent pour nous parler des macaques qu'ils ont pu apercevoir. Beaucoup de ces jeunes garçons travailleront un jour comme berger, donc c'est important qu'ils associent les magots à quelque chose qu'ils apprécient comme le football. Les t-shirts adultes sont offerts à des bergers d'autres villages et nous sommes souvent contactés leurs amis qui voudraient également recevoir un t-shirt. Ces t-shirts sont apparemment perçus comme un vêtement conférant un certain statut, et ceci même si un macaque est représenté dessus. Les magots étaient vus comme des sujets d'amusement quand nous avons commencé à travailler ici, mais les attitudes semblent évoluer dans le bon sens. Dans toutes nos activités, le logo de BMCRif et son équipe servent d'interface entre les macaques de Barbarie et les gens. Il est vital de s'assurer que les villageois ne croient pas que nous pensons que les macaques sont plus importants qu'eux. Ces activités sont basiques mais sont rentables, et les bénéfices pour les gens et les animaux sont précieux. De plus, chacun est invité à participer, ce qui est très apprécié des villageois. Dans le futur, nous espérons mettre en place plus d'actions offrant des bénéfices aux communautés locales et à la conservation du magot.

Les Macaques de Barbarie

L'automne a donné une nouvelle bonne récolte de glands, donc les magots ont pu bien se préparer à l'hiver en prenant le plus de poids possible. Malheureusement, beaucoup des petits nés au printemps n'ont pas survécu à l'été. Cela peut être normal chez le magots de Bouhachem mais nous avons besoin de plus d'études avant de pouvoir affirmer que c'est la manière dont cela se passe chaque année ou si l'été très chaud et très sec en a été la cause. En janvier, BMCRif a étendu son étude à l'inhospitalier massif de calcaire de El Ghorghiz et Jbel Kelti. Nous avons récemment découvert qu'il y existe un petit trafic de bébés magots qui sont capturés dans cette zone. Il est donc vital que nous commencions à travailler dans cette région afin d'éradiquer ce commerce. La photo montre l'environnement difficile de cette région où les magots sont experts en escalade des falaises. Par chance, Ahmed El Harrad a passé beaucoup de temps dans cette région et il est très connu de ses habitants (il est vraiment passionné par les macaques et leur environnement si peu accueillant. Le mois d'avril a vu les premières naissances du printemps. C'est un moment de stress pour les groupes parce qu'ils ont non seulement les nouveaux-nés à surveiller mais aussi les jeunes de l'année passée à protéger des chiens ou des humains. Feu de forêt Le feu est l'une des pires choses qui puissent se produire dans les forêts de Bouhachem, parce qu'il détruit toute la végétation sur une large aire qui ne se régénèrera pas sans intervention humaine. En avril, Ahmed et Mohamed étaient en forêt lorsqu'ils virent de la fumée. Ils se précipitèrent et découvrirent un feu de forêt. Ils agir vite et appelèrent les secours. Avec les personnels du service des Eaux et Forêts, ainsi que des villageois, il aura fallu 6 heures pour venir à bout de l'incendie. Le feu avait pris dans une de nos aires d'étude et il aurait pu détruire une très grande zone s'il n'avait pas été découvert à temps.

magot-falaise.jpg

Facebook

N'oubliez pas de nous rejoindre sur Facebook -Barbary Macaque Conservation in the Rif http://www.facebook.com/group.php?gid=108304019192845. Nous avons désormais 600 membres. Rejoignez-nous ou si vous l'avez déjà fait, faîtes-nous connaître auprès de vos amis, et aidez-nous à faire connaître le magot au Maroc et dans le reste du monde La Mission de "Barbary Macaque Conservation in the Rif" (BMCRif) Ce projet interdisciplinaire de conservation est axé sur le macaque de Barbarie (Macaca sylvanus), aussi appelé Magot en français, qui a un énorme potentiel en tant qu'espèce emblème de toute la faune et la flore menacée des écosystèmes uniques et si diversifiés du nord-est marocain. Ce projet a pour but de mettre un terme au déclin du magot dans le nord-est marocain en collectant des données scientifiques, en attirant l'attention par la sensibilisation, et en travaillant avec les parties prenantes locales et nationales pour développer un plan de gestion à long terme afin de sauvegarder les espèces, leurs habitats et les moyens de subsistances des habitants de la région.

Et désormais, nous avons un site internet entièrement dédié à BMCRif (en anglais) : www.barbarymacaque.org

Contactez-nous :

Siân Waters – (en anglais ou en espagnol) sian_s_waters@hotmail.com Skype – sian.waters

Ahmed El Harrad - (en arabe) ahmed_BMCRif@yahoo.com

Sonia Moles – (en espagnol) molessonia@gmail.com

Tamlin Watson – (en anglais) tamlin.moroccananimals@gmail.com

BMCRif n'existerait pas sans le généreux soutien de la Société Zoologique Royale d'Ecosse (Zoo d'Edimbourg). Tous nos remerciements au "Mohamed bin Zayed Species Conservation Fund". Notre travail d'éducation et de sensibilisation est soutenu par le zoo de Barcelone. Nous avons également reçu les contributions, en 2010, du Conservatoire pour le Protection des Primates (France), de Parco Natura Viva (Italy) et du "Apenheul Primate Conservation Trust" (The Netherlands). Nous collaborons aussi avec l'Université d'Abdelmalek Essaadi à Tetouan. Ecrivez-nous si vous souhaitez soutenir nos actions.

Publié dans La Conservation

Commenter cet article